Monthly Archive for mai, 2005

Dernière ligne droite …

Dernière ligne droite …

Enfin, les nuits ont fini de s’allonger. Finies ces longues heures de lutte contre la machine ! Fini le clinquement du clavier au clair de lune, seul compagnon d’une solitude dans laquelle vous vous trainiez de plus en plus, et que vous embrassiez de moins en moins lucidement, jusqu’à rejoindre le jour. Et quand, enfin, les premiers rayons du soleil chassaient l’obscurité, ce n’était pas vraiment une délivrance, mais plutôt l’arrivée d’une sensation âpre, hésitant entre le regrêt de ne pas s’être arrêté avant, et celui de devoir s’arrêter tout de suite.

Finies donc toutes ces sensations contradictoires et pourtant toutes désagréables, finie la course contre la montre, contre le temps, et contre tout ce qui pourrait en faire perdre. Finis ces instants où les secondes sont à prix d’or, où chaque heure qui passe peut entraîner une petite révolution de concept ou une tempête sous un crâne.
Finies donc ces longues soirées de brainstorming en solitaire !

Et pourtant, si tout semble déjà joué, et si tout l’est déjà, d’ailleurs, rien n’est encore tout à fait terminé. Il faudra bien défendre ce que vous avez écrit car, vous le savez déjà, ou du moins vous vous en êtes persuadé à la longue, tout ce que vous avez dit pourra être retenu contre vous. Allez, quoi, vous prendrez bien un reste de pression avec votre tranquilité naissante ? C’est un cadeau de la maison ! Encore un peu de doute et d’appréhension. Encore quelques questions auxquelles répondre et qui viennent s’ajouter à une liste déjà longue de questions auxquelles il faudrait bien finir par essayer de répondre. Car, comme une bande d’autostoppeurs qui auraient sû s’y prendre, chaque interrogation qui a sû vous séduire par je ne sais quel stratagème en appelle une autre, un petit peu moins belle, qui, avec son sac de malaise et d’incertitude, en appelle enfin une que vous auriez bien laissée sur le bord du chemin. Et vous voici, encore, véhiculant tout autant de doute qu’auparavant même si, la fatigue aidant, vous en venez à vous dire qu’après tout…

… Mais je suis prêt à parier que vous en savez bien plus que vous ne le croyez. Si, si, cette question qui vous turlupine depuis maintenant trois jours ! Celle-là, ici, dans un coin de votre tête ! Et bien réfléchissez bien, mais vous connaissez la réponse. Allez, n’allez pas chercher midi à quatorze heures ! Ce que vous concevez aisément, vous l’exprimerez sans tourment.

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Certitudes

Nous n’avons de certitudes que pour les autres.
Les choses qui nous concernent semblent bien moins évidentes.

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