Le mariage. Empreint d’une mauvaise réputation chez certains tout en inspirant tant de désir chez d’autres ! Aujourd’hui, François a tendance à croire que vivre une journée de noces ne laisse personne indifférent… … mais peut-être est-ce parce que cela ne le laisse plus indifférent.
Plus ? Parce que par le passé François l’a été, indifférent, et c’était bien normal : quand on a seize ou dix-sept ans, on ne pense pas vraiment à se passer la bague au doigt et l’on préfère dire, d’ailleurs, la corde au cou. Mais, depuis, François a grandit ou, devrais-je plutôt dire, vieilli, et il se souvient souvent d’une de ses discussions où il s’était écrié, comme pour balayer le sujet et couper court à la conversation : « Moi, je ne me marierai jamais !» . A cet instant là il était déjà trop tard, tout était dit : il ne faut jamais dire jamais, car celui qui prononce ce mot s’engage inévitablement à le faire mentir ! A croire qu’en vieillissant, François se met à aimer tout ce que, plus jeune, il rejetait : est-ce cela la maturité ?
Il croyait au fond de lui, à défaut de refuser, pouvoir rester indifférent, faire de cette chose là une formalité, un simple moment à passer, et, pour voir le bon côté des choses, l’occasion de faire au moins une fête. Mais voilà, tant qu’à faire une chose, autant la faire bien, et pour le jour de leurs noces, sa belle et lui ont tout mis en oeuvre pour que cette journée soit réussie. Et maintenant qu’en reste-t-il ? « Des souvenirs, me direz-vous ! Uniquement des souvenirs ! Toute cette organisation, toute cette pression, toutes ces dépenses, tout ça pour des souvenirs ?» Faîtes part de cette indignation à François et il vous demandera si vous n’avez pas l’impression que, au fond, on ne vit que pour se créer des souvenirs. En tout cas c’est ce qu’il m’a dit, et je crois bien qu’il a raison. Car, croyez-le ou non, ces souvenirs là valent le coup !
Que sont-ils ces souvenirs d’une journée ? Tout d’abord une sensation, celle d’être entouré. Entourés par tous ces amis, toute cette famille, venus de près ou de loin. Tout au long de l’année, ils ont pu être par monts ou par vaux : mais ce jour là ils sont là, présents à vos côtés. Ils partagent avec vous ces moments privilégiés. Ils ne s’en rendent pas compte mais ils sont les acteurs de votre bonheur, ils écrivent les pages de vos souvenirs. Et c’est bien pour cela que vous sentez ce jour là les liens se serrer.
Et puis ce moment où François et sa belle se sont dit oui. Ca ne paraît rien de dire oui. C’est juste un mot que l’on dit si souvent. Mais ce jour là ce petit mot était tellement plus beau que d’habitude. Comme si, lui aussi, il s’était présenté tiré à quatre épingles. François ne vous le dira peut être pas mais moi je sais qu’en le prononçant, ce mot, il a senti tout son coeur se serrer, et qu’il s’en est fallut de peu que sa voix ait tremblé. Mais, Dieu merci, les yeux de sa belle ont pleuré et, pour se donner du courage, François s’est convaincu qu’il ne fallait pas se laisser aller : il ne fallait pas la laisser tomber.
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